Quand j’ai commencé à parler de créer des chasses au trésor, la plupart de mes amis n’ont pas compris. Une amie m’a même demandée, très sincèrement : « mais pourquoi les gens paieraient pour ça ? »
Je n’avais pas de réponse toute faite. J’avais juste une conviction : que découvrir une ville en menant l’enquête valait infiniment mieux que la traverser en spectateur. J’y croyais assez pour me lancer malgré les doutes autour de moi. Voici comment cette idée est née.
Le problème que je voyais à Carcassonne
Tout est parti d’un constat simple. À Carcassonne, les visiteurs vont à la Cité, la parcourent en une matinée, prennent leurs photos sur les remparts, et repartent. Presque personne ne traverse la rivière pour découvrir la Bastide Saint-Louis, la ville basse où vivent réellement les Carcassonnais.
C’est dommage, parce que c’est là qu’est l’autre moitié de la ville : les places animées, le marché, les cafés, les rues où l’on sent le vrai Carcassonne loin de la foule. Les gens repartaient en ayant vu la carte postale, mais en ayant manqué la ville vivante juste à côté.
Je me disais qu’il fallait une raison de traverser le pont. Une façon de donner envie d’explorer la Bastide autant que la Cité, et de découvrir les deux en s’amusant plutôt qu’en cochant une liste.
L’idée : transformer la ville en terrain de jeu
L’idée d’une chasse au trésor s’est imposée petit à petit. Pas un escape game en salle, enfermé dans une pièce qui pourrait être n’importe où. Non : une enquête en plein air, dans les vraies rues de Carcassonne, avec les vrais monuments comme indices.
Ce qui me plaisait, c’était l’inversion. Au lieu de suivre un guide qui récite des dates, on mène soi-même l’enquête. On regarde vraiment une façade parce qu’on y cherche quelque chose. On remarque un détail sculpté que des milliers de visiteurs longent sans le voir. Et à la fin, on connaît la ville, parce qu’on l’a explorée par soi-même.
Le plus dur : écrire les énigmes
Créer une chasse au trésor, ce n’est pas seulement cacher des indices. C’est raconter une histoire, et l’accrocher à des lieux réels.
J’ai passé des heures à arpenter la Cité et la Bastide, rue par rue, à chercher les détails qui pouvaient devenir des énigmes. Une inscription, une sculpture, une date gravée, un blason. Chaque étape devait être juste assez difficile pour être satisfaisante, mais jamais frustrante. Et chaque énigme devait apprendre quelque chose de vrai sur l’histoire de la ville, sans jamais donner l’impression d’un cours.
Pour la Cité, j’ai construit le parcours autour de l’histoire cathare, parce que c’est l’âme de Carcassonne. Pour la Bastide, j’ai voulu faire découvrir précisément ce quartier que les touristes ne traversent jamais, son passé de ville drapière, ses hôtels particuliers, sa vie loin des remparts.
Ce que je voulais absolument éviter
Il existe des applications de chasse au trésor génériques, les mêmes dans cent villes, avec des énigmes interchangeables qui pourraient s’appliquer n’importe où. Je ne voulais surtout pas de ça.
Mes parcours sont écrits par quelqu’un qui connaît vraiment les lieux, rue par rue. Les cafés que je suggère en chemin, ce sont ceux où je vais. Les anecdotes, ce sont celles que je raconte à mes voyageurs. C’est cette différence, je crois, qui fait qu’on sent la ville plutôt qu’on la coche sur une liste.
Je voulais aussi que ce soit simple. Pas d’application à télécharger, pas de matériel compliqué : un lien reçu par e-mail, un téléphone, et c’est parti. Et une vraie personne au bout du fil, moi, si l’on bloque sur une énigme.
Puis j’ai pensé à Annecy, ma ville
Une fois les parcours de Carcassonne lancés, une évidence s’est imposée : et Annecy ? Annecy est ma ville, celle que je connais par cœur, et je savais qu’une enquête y ferait découvrir des passages, des détails, des recoins que l’on ne remarque pas quand on se contente de longer le lac.
J’y ai imaginé un parcours autour d’un bal masqué vénitien de 1734 : une invitée disparaît au petit matin, et l’on mène l’enquête dans la vieille ville. Puis est venu Londres, sur les traces d’une suffragette. À chaque fois, la même exigence : une histoire vraie, ancrée dans des lieux réels, écrite avec le regard de quelqu’un qui connaît et aime l’endroit.
Aujourd’hui, quand un voyageur me dit qu’il a découvert des recoins qu’il n’aurait jamais trouvés seul, ou qu’un enfant a supplié de refaire le parcours, je repense à ce doute du début, à ce « pourquoi les gens paieraient pour ça ». Et je suis contente d’y avoir cru.
Découvrir les parcours
Si vous voulez découvrir Carcassonne autrement, à votre rythme, en menant l’enquête, mes deux parcours partent de la Cité et de la Bastide. Comptez environ 1h30 chacun, sans application, à commencer quand vous voulez.
Découvrir les chasses au trésor →
Une question sur les parcours ou sur votre séjour ? Écrivez-moi, ça me fait toujours plaisir d’échanger.

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